« Grand âge, nous voici ! »
(1957-1975)
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La villa des « Vigneaux », sur la presqu’île de Giens
Alexis et Dorothy Legeraux « Vigneaux » Saint-John Perse recevant lePrix Nobel de Littérature, le10 décembre 1960
L'Ordre des Oiseaux
Saint-John Perse l'image
tutélaire du Poète
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.1957 : Les éditions Gallimard publient Amers. Mina Curtiss, femme de lettres et musicologue américaine, avec qui Saint-John Perse est lié d'amitié depuis 1950, lui offre une splendide villa en France, sur la presqu'île de Giens ("Les Vigneaux"), après dix-sept ans passés hors de l'Hexagone. Au cours des années suivantes, il passera une partie du temps en Provence et l'autre partie aux Etats-Unis. Dans la "Biographie" de la Pléiade, Saint-John Perse est longuement revenu sur sa progressive adaptation à la Méditerranée, se définissant essentiellement comme "celtique".
.1958 : A près de soixante et onze ans, il se marie avec une riche américaine, issue d'un famille de la haute bourgeoisie new-yorkaise, Dorothy Milburn Russell, à laquelle il s'est lié par l'intermédiaire des Biddle.
.1959 : Election comme membre d'honneur de la Modern Language Association et docteur honoris causa de l'université de Yale. Obtention du grand prix national des Lettres en France, remis par André Malraux. Rédaction de Chronique.
.1960 : Membre honoraire de l'académie américaine et de l'Institut national des arts et lettres d'Amérique ; élu membre de l'académie bavaroise. Voyage en Argentine. Les deux volumes de l'Œuvre poétique sont désormais disponibles chez Gallimard.
Attribution du Prix Nobel de Littérature, le 10 décembre à Stockholm. Saint-John Perse prononce à l'occasion de la cérémonie officielle de remise du prix un discours mémorable et dense (Poésie) sur la mission de la poésie dans le monde moderne, qui sera reproduit en 1972 dans l'édition de la Pléiade.
.1961 : Le président Kennedy invite Saint-John Perse aux cérémonies officielles de l'Inauguration. Dans la "Biographie" du volume de ses Œuvres complètes dans la Pléiade, il précise pour cette année (p. XXX) : "Bref séjour à Paris, où il dîne avec Georges Braque en compagnie de Jean Paulhan".
.1962 : Lors des quatre-vingts ans de Braque, Saint-John Perse collabore à une édition d'eaux-fortes du peintre, accompagnée d'une oeuvre originale qu'il écrit pour l'occasion et qu'il rebaptisera plus tard du nom de Oiseaux. Le volume est édité en tirages limités sous le titre de L’Ordre des Oiseaux. Nouvelle invitation du président Kennedy, à une rencontre entre les Prix Nobel. Après l'assassinat du Président américain, Saint-John Perse publie dans Le Monde du 26 novembre un article d'hommage, "Grandeur de Kennedy".
.1963 : Oiseaux est publié chez Gallimard. Membre honoraire de
l'académie des sciences et des arts de Boston.
.1965 : A l'occasion du septième centenaire de la naissance de Dante, il est invité à un Congrès international à Florence, où il prononce le 20 avril un discours intitulé "Pour Dante" (O.C., p. 449). Sous l'impulsion de Jean Paulhan, un imposant volume d'hommage est publié chez Gallimard, sous le titre Honneur à Saint-John Perse.
.1966 : Nombreux voyages - entre autres, dans les petites Antilles. Il est à noter que même s'il aura eu à plusieurs reprises l'occasion de séjourner dans des îles très proches de la Guadeloupe, il ne sera jamais retourné à l'île natale.
.1967 : Il est invité à l'hommage international rendu à Nadia Boulanger pour ses quatre-vingts ans, à Monaco. Longue croisière en Méditerranée (l'une des nombreuses croisières qu'il aura faites déjà au cours des années précédentes).
.1968 : La collection "Poésie / Gallimard"
accueille Vents, suivi de Chronique. En cette année, Saint-John
Perse voit disparaître deux de ses plus fidèles amis : Francis Biddle et Jean
Paulhan.
.1969 : Publication de Chanté par celle qui fut là dans la NRF.
.1971 : Publication de Chant pour un équinoxe dans la NRF.
.1972 : Cette année voit l'achèvement de l'œuvre à laquelle Saint-John Perse s'est attelé durant les dix dernières années de sa vie, à savoir la préparation minutieuse de ce "monument littéraire" qu'est le volume de ses Oeuvres complètes dans la prestigieuse collection de la Bibliothèque de la Pléiade, chez Gallimard.
Les éditions Gallimard publient donc le mystérieux volume, sans noms de spécialistes de l'œuvre (auxquels est pourtant traditionnellement confié ce type de parution). Sur la couverture, au lieu de l'habituel cliché de l'écrivain "pléiadisé", trône l'énigmatique image du masque de bronze de Saint-John Perse réalisé quelques années auparavant par le sculpteur hongrois Andras Beck.
.1973 : Publication de Nocturne dans la NRF.
.1974 : Publication de Sécheresse dans la NRF.
.1975 : A l'initiative de Pierre Guerre, le poète réalise une
donation de ses archives personnelles à la Ville d'Aix-en-Provence : c'est
l'acte de naissance de la Fondation Saint-John Perse qui connaîtra au cours des années suivantes un
développement continu.
Mort de Saint-John Perse le 20 septembre, à l'âge de 88 ans, à la villa des "Vigneaux" ; il sera enterré au cimetière de Giens.
En 1974, le poète concluait par ces mots
son ultime poème, Sécheresse : "Singe de Dieu, trêve à tes
ruses".