Eloges

     « Pour fêter

     une enfance »

 

 

 

III

 

   ... Puis ces mouches, cette sorte de mouches, et le dernier étage du jardin... On appelle. J'irai... Je parle dans l'estime.

   - Sinon l'enfance, qu'y avait-il alors qu'il n'y a plus ?

   Plaines ! Pentes ! Il y

   avait plus d'ordre ! Et tout n'était que règnes et confins de lueurs. Et l'ombre et la lumière alors étaient plus près d'être une même chose... Je parle d'une estime... Aux lisières le fruit

   pouvait choir

   sans que la joie pourrît au rebord de nos lèvres.

   Et les hommes remuaient plus d'ombre avec une bouche plus grave, les femmes plus de songe avec des bras plus lents.

 

   ... Croissent mes membres, et pèsent, nourris d'âge ! Je ne connaîtrai plus qu'aucun lieu de moulins et de cannes, pour le songe des enfants, fût en eaux vives et chantantes ainsi distribué... A droite

   on rentrait le café, à gauche le manioc

   (ô toiles que l'on plie, ô choses élogieuses !)

   Et par ici étaient les chevaux bien marqués, les mulets au poil ras, et par là-bas les boeufs ;

   ici les fouets, et là le cri de l'oiseau Annaô - et là encore la blessure des cannes au moulin.

   Et un nuage

   violet et jaune, couleur d'icaque, s'il s'arrêtait soudain à couronner le volcan d'or,

   appelait-par-leur-nom, du fond des cases,

   les servantes !

 

   Sinon l'enfance, qu'y avait-il alors qu'il n'y a plus ?...