Eloges
« Pour fêter
une enfance »
... Puis ces mouches, cette sorte de
mouches, et le dernier étage du jardin... On appelle. J'irai... Je parle dans
l'estime.
- Sinon l'enfance, qu'y avait-il alors qu'il n'y a
plus ?
Plaines ! Pentes ! Il y
avait plus d'ordre ! Et tout n'était que règnes et confins
de lueurs. Et l'ombre et la lumière alors étaient plus près d'être une même
chose... Je parle d'une estime... Aux lisières le fruit
pouvait choir
sans que la joie pourrît au rebord de nos lèvres.
Et les hommes remuaient plus d'ombre avec une bouche
plus grave, les femmes plus de songe avec des bras plus lents.
... Croissent mes membres, et pèsent, nourris d'âge !
Je ne connaîtrai plus qu'aucun lieu de moulins et de cannes, pour le songe des
enfants, fût en eaux vives et chantantes ainsi distribué... A droite
on rentrait le café, à gauche le manioc
(ô toiles que l'on plie, ô choses élogieuses !)
Et par ici étaient les chevaux bien marqués, les
mulets au poil ras, et par là-bas les boeufs ;
ici les fouets, et là le cri de l'oiseau Annaô - et là encore la blessure des cannes au moulin.
Et un nuage
violet et jaune, couleur d'icaque, s'il s'arrêtait
soudain à couronner le volcan d'or,
appelait-par-leur-nom, du fond des cases,
les servantes !
Sinon l'enfance, qu'y avait-il alors qu'il n'y a plus
?...