Eloges
« Pour
fêter
une enfance »
V
... O ! j'ai
lieu de louer !
Mon front sous des mains jaunes,
mon front, te souvient-il des nocturnes sueurs ?
du minuit vain de fièvre et d'un goût de citerne ?
et des fleurs d'aube bleue à danser sur les criques
du matin
et de l'heure midi plus sonore qu'un moustique, et
des flèches lancées par la mer de couleurs... ?
O j'ai lieu de louer !
Il y avait à quai de hauts navires à musique. Il y
avait des promontoires de campêches ; des fruits de bois qui éclataient... Mais
qu'a-t-on fait des hauts navires à musique qu'il y avait à quai ?
Palmes... ! Alors
une mer plus crédule et hantée d'invisibles départs,
étagée comme un ciel au-dessus des vergers,
se gorgeait de fruits d'or, de poissons violets et
d'oiseaux.
Alors, des parfums plus affables, frayant aux cimes
les plus fastes,
ébruitaient ce souffle d'un autre âge,
et par le seul artifice du cannelier au jardin de mon
père - ô feintes !
glorieux d'écailles et d'armures un monde trouble
délirait.
(... O j'ai lieu de louer ! O fable généreuse, ô
table d'abondance !)