Eloges

       « Pour fêter

       une enfance »

 

 

VI

 

   Palmes !

   et sur la craquante demeure tant de lances de flamme !

 

   ... Les voix étaient un bruit lumineux sous-le-vent... La barque de mon père, studieuse, amenait de grandes figures blanches : peut-être bien, en somme, des Anges dépeignés ; ou bien des hommes sains, vêtus de belle toile et casqués de sureau (comme mon père, qui fut noble et décent).

 

   ... Car au matin, sur les champs pâles de l'Eau nue, au long de l'Ouest, j'ai vu marcher des Princes et leurs Gendres, des hommes d'un haut rang, tous bien vêtus et se taisant, parce que la mer avant midi est un Dimanche où le sommeil a pris le corps d'un Dieu, pliant ses jambes.

 

   Et des torches, à midi, se haussèrent pour mes fuites.    Et je crois que des Arches, des Salles d'ébène et de fer-blanc s'allumèrent chaque soir au songe des volcans,

   à l'heure où l'on joignait nos mains devant l'idole à robe de gala.

 

   Palmes ! et la douceur d'une vieillesse des racines... ! Les souffles alizés, les ramiers et la chatte marronne

   trouaient l'amer feuillage où, dans la crudité d'un soir au parfum de Déluge, les lunes roses et vertes pendaient comme des mangues.

 

*

 

   ... Or les Oncles parlaient bas à ma mère. Ils avaient attaché leur cheval à la porte. Et la Maison durait, sous les arbres à plumes.