Une
enfance digne d'éloges
(1887-1901)
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Alexis à huit ans, entouré de ses
trois soeurs
Le
Lycée Carnot
"Et la maison durait, sous les
arbres à plumes" : Habitation de
"Bois-Debout", sur la côte de
Capesterre (Guadeloupe) Alexis, une enfance princière "Sinon l'enfance, qu'y avait-il alors
qu'il n'y a plus ?" |
.1887 : Naissance, le 31 mai, à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) de
Marie, René, Auguste, Alexis Leger. Son père Amédée Leger, avocat, est issu
d'une famille de juristes installée en Guadeloupe depuis 1815. Sa mère, Françoise Renée Dormoy, [Site Dormoy.com] appartient quant à
elle à une riche famille de planteurs établie aux Antilles Françaises (aussi
bien en Guadeloupe qu'en Martinique) depuis le XVIIIe siècle.
L'enfance se déroule dans le bonheur et
l'affection familiale. Elève studieux du Lycée Carnot de Pointe-à-Pitre, le
jeune Alexis demeurera marqué à jamais par ses fréquents séjours sur les deux
plantations familiales : "La Joséphine", plantation caféière
essentiellement et "Le Bois-Debout", où l'on cultive la canne à sucre. Le reste de l'année, Alexis habite avec sa famille à Pointe-à-Pitre même, où travaille son père.
"Le Bois-Debout" et "La Joséphine" sont le cadre d'une enfance
princière, privilégiée par le contact avec une nature protégée, et riche de la
fréquentation de ce concentré de la société créole que constitue le petit monde
des travailleurs et des domestiques employés sur ces deux
"Habitations". L'auteur d'Eloges s'en souviendra quelques années
plus tard, en décrivant avec minutie ce monde d'une enfance édénique.
Quelques témoignages laissés par sa mère entre autres [Site
Dormoy.com] peuvent également laisser entrevoir ce contexte colonial qui est
celui de l'enfance d'Alexis.

La vie à "La
Joséphine", "la douceur
d'une vieillesse des
racines"
.1899 : Au cours des années précédentes, plusieurs événements
extérieurs viennent bouleverser la quiétude de la situation des Leger en
Guadeloupe. Tout d'abord, un tremblement de terre survenu le 29 avril 1897
provoque dans l'île une grave crise économique. Ensuite, le climat social et
politique se dégrade dangereusement, surtout pour les familles de propriétaires
terriens, descendants des premiers colons. Plusieurs plantations sont
incendiées et l'équilibre colonial est violemment remis en cause par une
population noire récemment émancipée.
En mai 1897, le guadeloupéen
Hégésippe Légitimus est élu aux élections législatives. Premier député de
couleur puis président du Conseil général, il est à la tête d'un mouvement très
vindicatif et promet des lendemains peu glorieux aux familles de colons. Sur
ces entrefaites, Amédée Leger décide le départ de sa famille vers la France,
qui s'installe à Pau en mars 1899. C'est donc à Pau qu'Alexis Leger poursuit
ses études secondaires et ce, jusqu'à l'obtention du baccalauréat. Evidemment,
après une enfance tropicale inoubliable, l'adaptation est difficile et le cadre
de la vie métropolitaine, bien décevant. Alexis ressent durement la perte
de l'île natale : il s'agit pour lui d'un exil.