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La nouvelle anabase
REVUE D’ÉTUDES
PERSIENNES
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Il est parfois des points
de repère très révélateurs dans le commentaire établi au fil des ans autour
d’un écrivain, et le cas de la présence d’œuvres de Saint-John Perse au
programme de l’agrégation de Lettres en fait partie. Avant la session 2007, où
ont été désignés au programme du prestigieux concours, Vents, Chronique
et Chant pour un équinoxe, il faut remonter à 1977 pour une telle
occurrence. Bien des mutations sont intervenues depuis dans l’appréhension et
le commentaire de la poésie de Saint-John Perse, et l’œuvre est aujourd’hui
bien explorée.
Conçu dans le sillage de
cette désignation mais aussi bien au-delà, ce deuxième numéro de La nouvelle
anabase propose, sous le signe fédérateur de la « mantique du poème » (art
de la divination) :
§ Un essai
didactique consacré à une présentation des poèmes : Poétique de l’écart,
poésie de la braise, par Loïc Céry et Esa
Hartmann.
§ Un dossier
philologique à propos de toutes récentes découvertes primordiales sur la genèse
de Vents : dossier spécial réalisé par Christian Rivoire
et Loïc Céry.
§ Une suite
d’études critiques établies autour des œuvres.
Ce numéro spécial
demeurera lié à ces récentes découvertes qui font l’objet de la seconde partie
du sommaire (voir plus bas). L’année même où Vents fait partie des
œuvres de Saint-John Perse désignées à l’agrégation, toute une série d’emprunts
effectués par le poète à l’ouvrage d’un historien réputé, Georges Contenau, spécialiste de la civilisation assyro-babylonienne, nous permet de jeter un regard nouveau
sur la genèse et le mode de composition du poème. Et même si les faits
d’emprunts avaient déjà été mis en lumière depuis quelques années par la
critique persienne, la découverte d’aujourd’hui, que l’on doit à la sagacité de
Christian Rivoire, bouleverse ce que l’on savait déjà
des modalités de reformulations de ce type de « prélèvements » liés
au processus de création persienne : par le caractère massif de ceux qui
ont été effectués sur un seul et même ouvrage pour l’écriture d’un poème
unique, et par l’imprégnation de toute une part de la thématique de Vents,
à partir du vivier documentaire qu’aura constitué pour le poète le livre de Contenau.
Le geste de la mise à
disposition de cette découverte, en direction des agrégatifs et des autres, en
ce lieu de la recherche persienne que représente La nouvelle anabase
implique, il est indispensable de le préciser, l’exercice d’une responsabilité
consciemment assumée. Le moment de la critique n’est pas forcément celui des
rendez-vous académiques tels qu’un concours d’enseignement, et ne serait-ce que
ce décalage imposait que la présentation de cette découverte soit accompagnée
de toute une mise en perspective, qu’offre ce dossier à la fois philologique et
critique. Dorénavant, toutes les pièces du dossier sont entre les mains des uns
et des autres qui seront amenés à s’en saisir, et l’exercice de la
responsabilité s’en trouve élargi : plus que jamais, l’esprit critique
sera utile pour apprécier les enjeux d’un processus de création et ne pas
verser dans des malentendus dommageables. C’est un honneur en tout cas pour La
nouvelle anabase de proposer cette nouvelle appréciation de la genèse de Vents,
en cette année si décisive et si foisonnante pour le commentaire de l’œuvre du
« poète indivis ». Loïc Céry
La nouvelle anabase
REVUE D’ÉTUDES PERSIENNES
Sous la
direction de Loïc Céry
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Numéro 2 (Novembre 2006)
Saint-John Perse et la mantique du poème
Vents, Chronique, Chant pour un
équinoxe
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SOMMAIRE AVANT-PROPOS : Dans l’estime… toujours ESSAI DIDACTIQUE – Loïc
Céry / Esa Hartmann Poétique de l’écart,
poésie de la braise Loïc Céry – Poétique de l’écart : une lecture de Vents Esa Hartmann – Poésie
de la braise : parcours de
Chronique et Chant pour un équinoxe DOSSIER PHILOLOGIQUE – Christian Rivoire / Loïc Céry « Nous
possédons un beau dossier de ces jeux d’écriture » Vents :
itinéraire d’une genèse
Christian Rivoire – « Et des grands livres pénétrés de la pensée du
vent, où sont-ils donc ? Nous en ferions notre pâture. » À la source des vents : des emprunts de Saint-John Perse à Georges Contenau dans 82 versets de Vents
RELEVÉ DES EMPRUNTS Loïc Céry
– « Et vous pouvez me
dire : Où avez-vous pris cela ? – Textes reçus en langage clair ! »
Les enseignements d’une typologie des emprunts dans Vents ÉTUDES CRITIQUES
I. Temporalités et densités de Vents
Colette Camelin – L’histoire dans Vents Christian Rivoire
– Je t’insulte, matière, illuminée
d’onagres et de vierges. Quand la science féconde le langage poétique Esa Hartmann – « De grandes œuvres, feuille à feuille » : Vents et
la naissance mythique de l’écriture
Christian Rivoire – Eléments
pour une étude narrative de Vents II. Topographies et métamorphoses de
Chronique Samia Kassab-Charfi
– Du Conquérant à l’Errant : Chronique
ou l’autre versant de Vents Pierre Brunel – Chronique
ou le « Grand âge »
III. Lumières et ombres de Chant
pour un équinoxe Carla van den
Bergh – Chant
pour un équinoxe ou le dernier amour
de Saint-John Perse
Carol Rigolot – Quand Perse retrouve Valéry : Finalité et poésie dans
les derniers poèmes
Christine Januel – « Chanté par celle qui fut là » Une chanson de toile tissée dans le sillage d’Amers
? Jacqueline Voevodsky – La voix féminine dans « Chanté
par Celle qui fut là »
Eveline Caduc – « Sécheresse », une œuvre ultime |