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Le musée municipal Saint-John Perse
de Pointe-à-Pitre
PRÉSENTATION, PAR LOÏC CÉRY
(SJPERSE.ORG)
« En
littérature, la reconnaissance maintenant unanime, dans nos pays, du poète Saint-John
Perse
comme
l’un des fils les plus prestigieux de la Guadeloupe correspond assurément à
une
avancée de la Créolité dans les consciences
antillaises ».
Par ces mots fervents, les trois signataires de l’Eloge de la Créolité, Jean Bernabé, Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant, reconnaissaient et célébraient en 1989 la place de choix de Perse dans la littérature créole. Deux ans auparavant, naissait l’institution qui représente en Guadeloupe même l’identité antillaise de l’écrivain : le Musée municipal Saint-John Perse de Pointe-à-Pitre.
Située au N° 9 de la
rue Nozières, la magnifique villa Souques-Pagès,
qui abrite aujourd’hui le musée municipal Saint-John Perse de Pointe-à-Pitre,
appartient au patrimoine architectural de la ville (elle a été classée monument
historique en 1979). Il s’agit en effet de l’une des plus élégantes maison de style colonial de la capitale guadeloupéenne,
ancienne demeure des directeurs de la sucrerie Darboussier.
Comme il est d’usage dans ce type d’architecture (typique de la Caraïbe, et que
l’on retrouve jusqu’en Nouvelle Orléans), le balcon ouvragé ainsi que
l’ossature métallique rythment les façades, donnant à l’ensemble un air de
légèreté particulièrement remarquable.
Sylvie Tersen, conservateur du Musée depuis sa création, aime à souligner que dans son enfance pointoise, le jeune Alexis Leger n’a pas pu manqué de flâner devant cette élégante demeure créole, en se rendant de la maison familiale (qui se situe non loin de là, rue Achille-René Boisneuf) vers le Lycée Carnot.
C’est à l’occasion du Centenaire de la naissance de Saint-John Perse, le 31 mai 1987, qu’a été inauguré officiellement le Musée. Plusieurs manifestations eurent lieu alors, pour célébrer dignement cet événement, et particulièrement la tenue d’un colloque international, « Saint-John Perse, antillanité et universalité », dont les actes ont été édités séparément aux Editions Caribéennes et chez Minard (Saint-John Perse, antillais universel, 1991). L’initiative du Musée doit beaucoup à la volonté du Docteur Henri Bangou, alors sénateur Maire de Pointe-à-Pitre et c’est à l’énergie de Sylvie Tersen, son conservateur, que l’institution doit son essor, les collections n’ayant cessé de s’étoffer, grâce notamment à une étroite collaboration avec la Fondation d’Aix-en-Provence. Le fonds propre du Musée est désormais riche de quelques manuscrits, d’une partie de la correspondance, d’objets personnels ayant appartenu au poète, sans compter les éditions originales acquises au fil des années. Le Musée Saint-John Perse est devenu ainsi l’un des plus visités de la Caraïbe.
Saint-John Perse à l’honneur
Le Musée présente un triple espace d’exposition : le rez-de-chaussée comporte les collections permanentes, synthétisant très intelligemment le parcours biographique du poète, avec une insistance notable sur la période de l’enfance en Guadeloupe ; le premier étage est consacré aux expositions temporaires ; les combles accueillent des œuvres d’illustrateurs de l’œuvre de Perse.
Cet ensemble est particulièrement riche et remarquablement disposé, pour un Musée qui ne disposait pas au départ d’amples collections. Une volonté de mise en valeur est indiscutablement à l’œuvre ici et la présence guadeloupéenne de Saint-John Perse connaît en l'occurrence une institution solide et dynamique.
A noter le soin tout particulier qui est apporté à la plupart des catalogues édités à l’occasion des expositions temporaires, dont celles qui concernent Saint-John Perse, qui sont toujours publiés en collaboration avec la Fondation. Citons les deux plus récentes expositions temporaires « persiennes », qui rendent hommage, chacune à sa manière, à l’origine îlienne du poète :
Nobel en Caraïbe, exposition présentée au Musée d’avril
à septembre 2002, puis à la Fondation, d’octobre 2002 à mars 2003. C’est dans
le cadre du Centenaire du prix Nobel qu’a été organisée cette exposition, qui
célèbre les trois Prix Nobel de Littérature d’origine antillaise :
Saint-John Perse en 1960, Derek Walcott
en 1992 et V.S. Naipaul en 2001. Textes de Sylvie Tersen, Mary Gallagher, Yvonne Gombaud-Saintonge, avec un extrait de V.S.
Naipaul et le recensement des fonds.
Riche iconographie.
Saint-John Perse (à droite), lors
de la cérémonie de
remise du
Prix Nobel, le 10 décembre 1960, à Stockholm.
Saint-John Perse et la mer : l’autre grande exposition organisée ces derniers mois et présentée au Musée de novembre 2002 à mars 2003. Il s’agissait de saluer cette allégeance à la mer qui n’a cessé d’habiter le poète, comme le souvenir toujours renouvelé de cette identité maritime commune aux îliens.
A noter particulièrement, pour
accompagner une documentation et une iconographie très intéressantes, deux
textes, l’un de Mireille Sacotte (« Saint-John
Perse, poète, fils de la mer ») et l’autre, de Kenneth White (« Coups
d’aile dans l’espace atlantique ») ainsi que le très utile panorama du
fonds concernant la mer, à la Fondation Saint-John Perse, par Corinne Cleac’h-Chesnot.
Saint-John Perse aux Bahamas, aux environs de
1954.
Renseignements
pratiques
Adresse : 9, rue Nozières, 97110 Pointe-à-Pitre
Heures
d'ouverture : du lundi au vendredi de 9 h à 17 h
samedi de 8 h 30 à 12 h
30, ferm. dim.
et j.f.
Coordonnées
Téléphone : 0590
90 01 92
Télécopie : 0590
83 98 31
E-mail :
musee.st-john-perse@wanadoo.fr