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apparition de Saint-John Perse, pour la publication d'Anabase.

 

Même si, répondant aux questions des journalistes à l'annonce de l'attribution du Prix Nobel en 1960 et fidèle à sa "stratégie de la seiche", Perse feint d'ignorer la provenance réelle de ce nom, affirmant l'avoir choisi surtout pour sa sonorité, tout porte à penser qu'il s'agit au contraire d'une synthèse savamment mise au point. Du reste, les indices ne manquent pas dans le décryptage de l'agencement lui-même de l'appellation :

 

- "Saint" apparaît déjà dans "Saint-Leger Leger", qui est lui-même une sorte d'hommage à l'îlet "Saint-Leger-les-Feuilles" dans lequel le poète déclare être né, au large de Pointe-à-Pitre. Hommage à l'enfance créole, en tout cas au lieu de naissance. Faut-il aussi voir dans la reprise de "Saint" dans le nouveau pseudonyme, une manière de sacralisation de la personne du Poète ?

 

- "Saint-John" est le nom d'une île des Petites Antilles qui se situe non loin de la Guadeloupe natale. L'hommage semble dans ce cas réitéré, par le détour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour de plus amples analyses, on se référera directement à l'article de Joëlle Gardes Tamine, « Des lectures d'enfant au pseudonyme : et s'il s'agissait bien de Percy Saint-John ? », Saint-John Perse ou la stratégie de la seiche, Aix-en-Provence, Publications de l'Université de Provence, 1996.