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     La critique
« Nos oeuvres vivent loin de nous dans leurs vergers d'éclairs. Et nous n'avons rang parmi les hommes de l'instant. »
  
Panorama de la
critique persienne
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En guise de panorama général de l’évolution du commentaire de Saint-John Perse, voir la première partie du programme « Pour fêter un poète – Hommage à Saint-John Perse » établi par Sjperse.org en 2005 pour France Culture à partir du colloque du même nom mené en Sorbonne en 2004. Un panorama complété par des entretiens avec quelques-unes des plus importantes figures de la critique persienne : Mireille Sacotte, Henriette Levillain, Colette Camelin, Joëlle Gardes-Tamine, Michèle Aquien, Eveline Caduc. Cliquez ci-contre pour accéder à la page de présentation et aux modules de téléchargements.
  
Petite histoire des exégèses
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C'est un regard ouvertement laudateur, admiratif et hagiographique que dessine la première génération de la critique persienne, inaugurée par Roger Caillois en 1954 dans sa Poétique de Saint-John Perse, étude exigeante de l'univers langagier du poète. Editeur de Perse, échangeant avec lui une abondante correspondance, Caillois se reconnait dans la hauteur du ton de cette poésie de la grandeur et dans l'indépendance de l'écrivain vis-à-vis des écoles littéraires, notamment le surréalisme. La Poétique, rééditée par Gallimard en 1972, demeure une référence pour qui veut pénétrer dans l'univers de Saint-John Perse par la grande porte, celle de la langue.

Cliquez sur la photo ci-contre : page consacrée
au rapport de Caillois à Perse, avec diffusion d'archives.





  
Roger Caillois, le fondateur
L'autre grand nom de cette si prestigieuse première ère de la critique persienne est celui de Jean Paulhan, directeur de le NRF de 1925 à 1940, "pape" des Lettres françaises. En 1962, Paulhan tente dans ses Enigmes de Perse, de baliser l'oeuvre des repères génériques d'une quête de l'unité du discours poétique et d'entrer en intelligence avec le texte. Plus qu'une simple étude, il établit là des paramètres d'évaluation de la position de Saint-John Perse dans la modernité poétique, recherchant toujours ces fameuses "clefs de la poésie" qui fondent sa fascination.

Cliquez sur la photo ci-contre : page consacrée
au rapport de Paulhan à Perse, avec diffusion d'archives.

  
Jean Paulhan, le passeur
Après les lectures textualistes des années soixante-dix influencées par le structuralisme, la critique emprunte la voie d'un vaste réexamen de l'œuvre et de sa genèse, sur le modèle des études édifiées par Roger Little. L'indispensable, essentielle monographie de Mireille Sacotte, Alexis Leger / Saint-John Perse parue chez Belfond en 1991 et rééditée chez L'Harmattan en 1998, ainsi que les travaux d'Henriette Levillain (notamment Le rituel poétique de Saint-John Perse) donnent le "la" de ce renouveau au gré duquel est dépassé l'écran de la dévotion et dans le sillage duquel bien des légendes s'estompent. Le texte se trouve alors éclairé dans un équilibre et une précision du commentaire. C'est alors que se fait jour cette "Stratégie de la seiche" pistée par Joëlle Gardes-Tamine, qui édite dans les Cahiers Saint-John Perse éditées par Gallimard la correspondance inédite à partir du numéro 10 de la série.

Dans le numéro 12 (Les Lettres d'Asie de Saint-John Perse. Les récrits d'un poète, 1994), Catherine Mayaux livre les tours et détours par lesquels est passé Saint-John Perse pour réécrire une bonne partie de sa correspondance éditée dans le volume de la Pléiade. Les clés biographiques du "Poème à l'Etrangère" sont livrées dans une publication de Gallimard en 1987, les Lettres à l'Etrangère. L'époque est donc aux éclaircissements décisifs, certains diront à la démystification, mais ce moment des études persiennes ne tombe pourtant pas dans les facilités d'une posture : l'œuvre du "poète aux masques" se voit éclairée d'une lumière plus sûre, au gré des travaux décisifs de toute une nouvelle génération de critiques : Mireille Sacotte, Henriette Levillain, Colette Camelin, Joëlle Gardes-Tamine, Renée Ventresque, Michèle Aquien, Catherine Mayaux entre autres.



L'un des récents développements de cette longue marche de la critique persienne est on ne peut plus décisif, et marque comme un aboutissement : Saint-John Perse sans masque est un peu cette réelle édition critique qui faisait défaut jusqu'alors à l'appréhension de l'oeuvre. Il était temps en effet que le paradoxe de fond qui entravait cette appréhension fût enfin résolu : alors que les acquis engrangés par les progrès philologiques de ces dernières années avaient profondément contribué à estomper l'écran de légende édifié de son vivant par Perse (ou du moins, à l'expliquer), l'édition de référence de la Pléiade demeurait encore le légendaire horizon indépassable de la lecture du poète. En remettant en perspective la portée d'"oeuvre totale" de ce volume de la Pléiade, en fournissant aux lecteurs un réel instrument de connaissance qui ne confonde pas lucidité et ferveur, cette édition critique est désormais le passage le plus conseillé pour qui veut entrer en intelligence avec une œuvre savamment "gouvernée", selon l'expression de Paulhan. Voici l'oeuvre de Perse enfin restituée à ce "suffisant lecteur" dont parlait Montaigne...

  
La vie de l'oeuvre
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Si la richesse de la "vie" d'une oeuvre se vérifie par la densité de sa relecture, on pourrait à bon droit être rassuré dans le cas de Saint-John Perse, tant la bibliographie critique consacrée à son oeuvre n'a cessé, lors de ces dernières années, de s'enrichir de nouvelles importantes études. Le mouvement ne s'est donc pas interrompu, de cette réévaluation de la poésie
de Perse. Une critique substantielle de l'oeuvre connaît ainsi un renouvellement certain, qu'il est nécessaire de saisir dans la souplesse de ses manifestations ; c'est pourquoi ce site rendra compte des parutions les plus récentes et de l'actualité de la recherche "persienne" en général...

Le site rend compte de l'actualité éditoriale concernant Saint-John Perse (publications d'ouvrages importants au sein d'une rubrique spécifique) :