Sa situation s'améliore sensiblement grâce au directeur de la Bibliothèque du Congrès, Archibald MacLeish, qui lui propose un poste de conseiller littéraire budgétisé sur les fonds d'une fondation privée - proposition qu'accepte Saint-John Perse. Lilita Abreu l'a rejoint à Washington, en juillet. Il rédige Exil, qu'il dédie à Archibald MacLeish et qui sera publié en français dans la revue américaine Poetry et à Marseille dans les Cahiers du Sud.
Toutes ces années américaines de Saint-John Perse sont contrastées : alors qu'au début de cet exil forcé, l'ancien diplomate se retrouve brutalement placé dans une situation matérielle précaire et dans un réel isolement, il sera aidé par la suite par des personnalités qui deviendront des amis sincères, admirateurs fervents de son oeuvre et bienfaiteurs efficaces. Le couple des Biddle tout d'abord, Katherine Garison Chapin Biddle, femme de Lettres, sœur de la Princesse de Bassiano que Perse a bien connu avant la guerre pour avoir collaboré à sa Revue Commerce ; son mari, Francis Biddle, ministre de la Justice sous Roosevelt, juriste influent. C'est aussi Archibald MacLeish, directeur de la Bibliothèque du Congrès à Washington, homme de Lettres et poète reconnu, qui lui assure ce nouveau poste de conseiller littéraire, lui permet de poursuivre son oeuvre sans préoccupation matérielle. Les relations du poète avec ces mécènes influents, ces si riches amitiés des années américaines de Perse ont été retracées dans le N° 15 des Cahiers Saint-John Perse par l'édition de ce Courrier d'exil par Carol Rigolot.