L'ïlet Feuilles (que Saint-John Perse rebaptit en "Ilet Saint-Leger" dans sa Pléiade et qui devient donc le lieu mythique de la naissance), la rue Achille Renée-Boisneuf, adresse de la maison familiale et du cabinet d'avocat du père Amédée, le Lycée Carnot : Pointe-à-Pitre porte la mémoire des premières années guadeloupéennes du jeune Alexis Leger. Ci-contre, interrogé par Daniel Gelin, le Dr. Henri Bangou, maire de Pointe-à-Pitre jusqu'en 2008 (avant que ne lui succède son fils Jacques Bangou) dit les raisons de l'attachement de la capitale de la Guadeloupe, à la mémoire de cette enfance fondatrice de Saint-John Perse. Les deux Habitations, quant à elles, représentent bien le versant "seigneurial" décrit dans Eloges.
Les Leger menaient à Pointe-à-Pitre une vie de notables influents. Le père, Franc-Maçon, proche de la municipalité, a élevé Alexis dans un esprit républicain et progressiste qui tranchait singulièrement dans le milieu des Blancs-Créoles de l’époque, surtout au cours de ces années 1880 et 1890 agitées en Guadeloupe par de nombreuses turbulences sociales et politiques.