Sjperse.org a le plaisir de vous proposer ici un accès à l’intégralité de la thèse de Doctorat soutenue par Christian Rivoire le 19 décembre 2003 à l’Université de Provence (Aix-Marseille I), sous la direction de Joëlle Gardes-Tamine (Jury : Joëlle Gardes-Tamine, Colette Camelin, Catherine Mayaux, Christian Touratier). Cette mise en ligne intégrale est tout à fait exceptionnelle, à bien des égards. Tout d’abord, on le comprendra aisément, en raison de la nature même du document : une thèse de Doctorat n’est pas un support anodin au sein de la recherche, elle représente la concrétisation d’une longue et fructueuse réflexion mûrie par son auteur au long d’années d’investigations patientes. Jusqu’alors, l’accès à ce type de document est malheureusement subordonné à tout un parcours du combattant (ceux qui l’ont effectué pour les besoins de leurs propres recherches me comprendront) : au sein des bibliothèques universitaires, leur consultation est souvent conditionnelle et bien aléatoire. Les thèses sont pourtant le cœur même du renouvellement de la recherche universitaire ; il est temps aujourd’hui qu’au gré des possibilités offertes par Internet, les mentalités évoluent quant à la diffusion de ces outils essentiels : mettre à disposition, en libre accès, les thèses doctorales est une idée qui a déjà fait son chemin depuis bien des années aux Etats-Unis par exemple, et la France est à l’heure actuelle bien en retard dans une mutation pourtant inévitable et salutaire (à l’exception de quelques rares exemples). Toute une ère du secret doit être dépassée pour qu’on parvienne enfin à cette diffusion démystifiée et décomplexée des travaux de thèses, car si une certaine confidentialité de la recherche en cours d’élaboration (du moins, de certains de ses aspects propres à la « maturation » du propos) est utile, il est en revanche dérisoire qu’un conservatisme des conventions établies pèse encore sur cette possibilité de diffusion par Internet, à l’heure où beaucoup en sont encore à chercher l’opportunité de la sacro-sainte édition « papier » de leurs thèses. Du reste, l’un n’empêche pas l’autre, l’un ne doit pas empêcher l’autre et si l’on est mué par le vrai désir de la diffusion, de l’avancée de la recherche, de la contribution à ses avancées, de la reconnaissance de ses propres apports, ce moyen devra impérativement s’amplifier dans les années qui viennent – comme l’ont du reste compris les universités américaines.
L’autre grande raison pour laquelle je considère comme exceptionnelle cette mise en ligne (et je tiens à insister sur ce second aspect), c’est la qualité même de cette thèse, aujourd’hui librement accessible comme outil de recherche central pour les « persiens » entre autres. Comme il a été souligné lors de la soutenance de Christian Rivoire, ce travail est une contribution tout à fait essentielle pour l’étude d’un aspect effleuré jusqu’alors au sein des études persiennes : la question de la narrativité. Je considère pour ma part que les travaux établis ici par Rivoire permettent de jeter un regard tout à fait neuf sur les structures discursives propres à la poétique persienne, qui en font au surplus, un cas très particulier au sein de la modernité poétique. Au gré de son propos, l’auteur prend en compte une diversité et une labilité des instruments d’analyse (empruntant à la narratologie sans se laisser enfermer dans une rhétorique sommaire), interrogeant, inquiétant même les vieilles rigidités classificatoires inhérentes à la typologie des « genres » et réinvestissant le champ des possibles, la souplesse des passerelles. Plus que jamais, il montre que le renouvellement du discours herméneutique lié à l’étude de la poésie de Perse est susceptible, en son sein et peut-être même à titre d’exemplarité, d’illustrer la nécessité de tous les décloisonnements théoriques.
C’est donc par une thèse en tous points exemplaire que sjperse.org propose ici d’inaugurer ce système de libre accès, qui est appelé à s’enrichir sur le site à l’avenir (d’autres cas sont à l’étude pour le moment). Précision technique : la thèse vous est proposée ici au format PDF, à partir des liens qui figurent au bas de cette page. Conseil : l’initialisation du logiciel Acrobat Reader peut être longue pour un document de cette taille ; patience, donc. Par commodité, et notamment pour alléger le chargement, le document a été divisé en trois fichiers (Tome 1, Tome 2, Annexes). Pour commencer vous trouverez, avant l’accès intégral, le résumé de la thèse. Bonne lecture à tous, et… bonne réflexion.
Loïc Céry