PROGRAMME
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Cette journée fut l’occasion de concrétiser une présence humaine autour de la mémoire et de la diffusion de l’œuvre de Saint-John Perse, que le site Internet sjperse.org a voulu encourager dès sa création il y a deux ans de cela, et à laquelle veut contribuer également une nouvelle revue d’études persiennes issue du site, La nouvelle anabase. En réunissant critiques, écrivains et artistes autour du poète au cours de quatre tables rondes, il s’agissait de donner corps à cette ferveur que la lecture et le commentaire de l’œuvre de Perse continuent de susciter aujourd’hui. Il était également question d’engager une réflexion d’ensemble sur la place de la diffusion d’une œuvre qui a traversé le siècle : 2004 a marqué en effet le centenaire de la rédaction des Images à Crusoé, alors que l’œuvre devait être publiée dans sa première version en 1909 dans la NRF. Comment, en somme, se montrer à la hauteur de la mémoire de cette œuvre qui nous est si précieuse, cette parole qu’il nous semble important de partager, une fois que le tamis du temps a agi ? La question n’est pas un prétexte : ce site et cette revue sont nés d’une réelle interrogation à propos de notre rôle en tant que lecteurs, critiques, écrivains, artistes, envers une œuvre de mouvement et d’énergie, pour conjurer l’embaumement patrimonial toujours menaçant. Comment peut se décliner notre responsabilité ainsi entendue, envers la mémoire d’une poésie de cette importance, à la fois littéraire et humaine ?
« A la question toujours posée : “Pourquoi écrivez-vous ?“ la réponse du poète sera toujours la plus brève : “Pour mieux vivre“ ». C’est fonder la parole sur une éthique, c’est dire le prix existentiel d’une poétique. Gravir cette ambition pour les lecteurs, étendre ce credo pour les commentateurs, diffuser cet horizon pour tout un chacun en des temps de déshérence, c’est chercher les meilleures voies, trouver les bons accents d’une transmission ; cela a été aussi l’idée à la source de cette journée d’hommage, que je souhaitais avant tout être une rencontre humaine des lecteurs de Saint-John Perse : « Nos œuvres vivent loin de nous dans leurs vergers d'éclairs. Et nous n'avons rang parmi les hommes de l'instant. » (Chronique)
Loïc Céry
La journée était répartie en deux temps : « Chemins de la critique et nouveau souffle de la diffusion » pour la matinée et « Présences de Saint-John Perse » dans l’après-midi. Il s’agissait de célébrer la mémoire de Perse, par des débats ouverts et actifs, et non d’une « journée d’études » au sens strict du terme.