Arlette Durey, fille du compositeur Louis Durey (1888-1979), l’un des six musiciens du célèbre « Groupe des Six », au sein duquel Durey apparaît comme un indépendant. Il s’éloigne assez tôt de la vie parisienne et mondaine et se retire en Méditerranée, pour partager son temps entre Paris et Saint-Tropez, où il compose la majeure partie de son œuvre musicale. Passionné de poésie et très attaché au genre vocal, Durey consacre à la voix plus de 25 numéros d’opus. On lui doit près de 140 mélodies, s’inspirant de poètes divers. Parmi eux : Verlaine, Mallarmé, Cocteau, Apollinaire, Louis Emié, Valéry et Saintléger Léger, futur Saint-John Perse. Louis Durey est avec Darius Milhaud, l’un des premiers compositeurs à mettre en musique des poèmes de Saint-John Perse : Eloges en 1916-1917, d’après trois poèmes du recueil, pour quatuor vocal et orchestre de chambre, Images à Crusoé en 1918 pour voix moyenne, soliste, et orchestre de chambre (la seconde version confie le poème au chant et au piano) Fait assez rare dans le monde musical, Louis Durey nous livre sa pensée de compositeur dans son Catalogue commenté (1957) et les Considérations sur ma musique vocale (1964) ainsi que dans ses notes personnelles – ouvrages inédits à ce jour.