Les œuvres désignées
Le programme fixé pour le concours porte sur des œuvres assez dissemblables entre elles dans la production poétique de Saint-John Perse. Cette diversité même permet de prendre en compte différents aspects de la poésie de Perse, du souffle lyrique de Vents à la concision de Chant pour un équinoxe.
Ce champ vaste est représenté dans l’édition désignée pour le concours, à savoir ce second volume de l’œuvre poétique de Perse dans la collection « Poésie / Gallimard » : Vents suivi de Chronique qui comprend donc également, ainsi regroupés pour cette édition (et non pas, faut-il le préciser, tels qu’ils apparaissent, séparés, au sein des Œuvres complètes de Saint-John Perse dans la « Bibliothèque de la Pléiade »), les derniers poèmes dits de la période provençale, sous la dénomination générale de Chant pour un équinoxe. Un large spectre représenté en somme dans ce volume imposant déjà par sa densité. Il sera important d’aborder ces œuvres dans leur singularité qui relève certes d’une poétique propre, mais dont la variété est indéniable. En 1977, le programme portait essentiellement sur Eloges et Anabase ; pour 2007, les œuvres désignées intéressent un tout autre pan de la poétique de Perse, que d’aucuns pourraient qualifier pour ce qui est de Vents, de moment de la maturité. Ce serait oublier bien sûr Anabase, et le tournant que constituent les premiers poèmes de la période américaine du recueil Exil. Avec Amers, Vents occupe au sein de l’œuvre une place toute particulière, au point qu’on peut aujourd’hui, dans les meilleures analyses, parler d’un diptyque.
Les poèmes provençaux dessinent quant à eux une nouvelle ère de la poétique persienne, non pas un crépuscule, mais plutôt une braise, visant de nouveaux territoires esthétiques. Plus que jamais, l’esprit de synthèse sera utile pour apprécier les nuances de cette richesse-là, mais on ne peut que se féliciter de ce programme qui offre certainement la possibilité d’apprécier l’univers persien dans son ampleur.